Ossature Bois

Fermacell sur ossature bois : pose, joints et contreventement

Sur une ossature bois, une plaque Fermacell peut raidir le mur. Ce qu'elle apporte, le frein-vapeur, la pose vissée, les joints et les erreurs à éviter.

Jean-Paul Lefèvre6 octobre 20269 min de lecture
Fermacell sur ossature bois : pose, joints et contreventement

Pour habiller l'intérieur d'une maison à ossature bois ou d'une extension, deux familles de plaques se partagent les chantiers : la plaque de plâtre classique, que tout le monde connaît, et la plaque gypse-fibre, dont Fermacell est la marque la plus répandue au point d'avoir donné son nom au produit. Elles se ressemblent, se vissent de la même façon, et pourtant elles ne jouent pas le même rôle sur une ossature. Ce guide explique ce qu'une plaque gypse-fibre a de différent, pourquoi elle intéresse particulièrement une ossature bois, ce qu'il faut préparer avant la pose, comment la poser, pourquoi ses joints sont le point délicat, ce qu'on peut y accrocher, et les erreurs qui reviennent.

Ce qu'une plaque gypse-fibre a de différent

Une plaque de plâtre classique est un sandwich : une âme de plâtre prise entre deux feuilles de carton. C'est le carton qui lui donne l'essentiel de sa résistance en flexion, et c'est aussi lui qui reçoit les vis et les bandes de joint.

Une plaque gypse-fibre est construite autrement. Elle est faite de gypse, le minéral dont on tire le plâtre, mélangé à des fibres de cellulose issues de papier recyclé, le tout pressé dans la masse. Il n'y a pas de carton en surface : les fibres sont réparties dans toute l'épaisseur et arment la plaque de l'intérieur, un peu comme les fers d'un béton armé.

Cette construction a plusieurs conséquences. La plaque est plus dure et résiste mieux aux chocs : un coup de meuble ou de poignée de porte marque moins. Elle est plus lourde à surface égale, ce qui a des effets sur l'acoustique et sur la manutention. Elle résiste mieux à l'humidité, puisqu'il n'y a pas de carton qui gonfle et se décolle. On le résume souvent ainsi : pas de carton, donc rien qui se décolle.

Elle se travaille aussi un peu différemment. Elle se découpe à la scie, ou au cutter en entaillant puis en cassant, mais plus difficilement qu'une plaque de plâtre. Ses bords et ses joints se traitent selon des méthodes propres, que l'on verra plus loin.

Pourquoi elle intéresse une ossature bois

Sur une maison maçonnée, la plaque de parement n'est qu'une finition : elle habille un mur qui tient déjà tout seul. Sur une ossature bois, la situation est différente, et c'est ce qui rend la plaque gypse-fibre intéressante.

D'abord, les murs d'une ossature bois sont légers. Ils sont faits de montants de bois, d'isolant et de panneaux. Cette légèreté est un avantage pour la construction, mais elle se traduit par une faible inertie thermique et une isolation acoustique perfectible face aux bruits aériens. Une plaque plus dense et plus lourde apporte de la masse au mur, et donc un peu d'inertie et un meilleur affaiblissement acoustique.

Ensuite, et surtout, une plaque gypse-fibre fixée sur les montants peut raidir le mur. Un mur à ossature bois, constitué de montants verticaux et de lisses horizontales, forme des rectangles qui, laissés seuls, se déformeraient en parallélogramme sous l'effet du vent. Il faut le contreventer, c'est-à-dire le rendre indéformable dans son plan. On le fait le plus souvent avec des panneaux de bois, OSB ou contreplaqué, fixés sur l'ossature, qui forment ce qu'on appelle un voile travaillant.

Certaines plaques gypse-fibre peuvent, elles aussi, participer à ce contreventement. Fixées sur les montants selon un mode de fixation précis, elles empêchent les rectangles de l'ossature de se déformer. Mais il faut insister sur la condition : ce rôle n'existe que s'il a été prévu par l'étude de la structure, et si la pose suit exactement le mode de fixation prévu pour cet usage par le fabricant. Une plaque posée comme simple finition n'est pas un contreventement, même si c'est la même plaque.

C'est la différence de fond avec une plaque de plâtre ordinaire. Sur une ossature bois, la plaque gypse-fibre peut devenir une pièce de structure. Et une pièce de structure ne se pose pas tout à fait comme une plaque de finition.

Avant la pose : l'ossature et le frein-vapeur

La qualité d'un parement en plaques gypse-fibre se joue en grande partie avant la première vis.

Une ossature droite. Les montants doivent être d'aplomb, alignés et posés à un entraxe régulier, adapté au format des plaques et à la notice de pose. Une plaque rigide ne rattrape pas une ossature tordue : elle suit ses défauts, ou elle se fissure en essayant de les épouser. Un montant voilé se voit à travers le parement fini.

Un bois sec. C'est un point que l'on néglige souvent, et qui fait le lien avec le métier de charpentier. Un montant posé humide sèche après la fermeture du mur. En séchant, il se rétracte et se déforme, et il entraîne avec lui la plaque qui y est vissée. Les fissures de joints et les têtes de vis qui ressortent ont très souvent cette origine. On ferme donc une ossature seulement quand son bois est à l'équilibre avec l'ambiance du chantier.

Un frein-vapeur continu. Dans une paroi à ossature bois, la vapeur d'eau produite à l'intérieur de la maison ne doit pas pénétrer dans l'isolant, où elle condenserait. On pose donc, côté chaud, avant la plaque, une membrane frein-vapeur, continue et scotchée à tous ses raccords, aux angles, autour des fenêtres. La plaque ne joue pas ce rôle.

Un vide technique. Pour passer les gaines électriques et les canalisations sans percer le frein-vapeur, on ménage entre la membrane et la plaque un vide technique, formé par des tasseaux. Les réseaux circulent dans ce vide, et la membrane reste intacte. Sans vide technique, chaque boîtier électrique devient un trou dans la membrane.

Ces préparations sont les mêmes que pour toute la construction d'une ossature, et elles sont décrites plus largement dans notre article sur la construction d'une maison à ossature bois.

La pose, étape par étape

Une fois l'ossature prête, la pose des plaques gypse-fibre suit un ordre logique. Les détails varient selon la plaque, son épaisseur et son usage, et c'est la documentation de pose du fabricant qui fait foi.

Acclimater les plaques. On stocke les plaques à plat, dans la pièce où elles seront posées, quelque temps avant la pose, pour qu'elles prennent la température et l'humidité du chantier.

Découper. On découpe à la scie circulaire équipée d'une aspiration, ou à la scie sauteuse, ou au cutter en entaillant la surface et en cassant la plaque sur un bord franc. Les découpes pour les prises et les boîtiers se font à la scie cloche.

Choisir la méthode de joint. Selon le système, les plaques se posent avec un joint collé, les chants étant encollés et pressés l'un contre l'autre, ou avec un joint à bande, en laissant un espace traité ensuite avec un enduit et une bande. La méthode se choisit avant de poser, parce qu'elle conditionne la façon de présenter chaque plaque.

Fixer dans les montants. On visse, avec des vis adaptées, ou l'on agrafe, directement dans les montants et les traverses. Les fixations se répartissent sur tous les montants que la plaque recouvre, à distance des bords. La densité de fixations dépend de l'usage : une plaque de finition et une plaque de contreventement n'ont pas les mêmes exigences, et seule la notice de pose donne les bonnes valeurs.

Décaler les joints. Les joints de plaques ne doivent pas former une grille continue. On décale les joints d'un rang à l'autre, en quinconce. En double peau, quand deux couches de plaques se superposent, les joints de la seconde couche sont décalés par rapport à ceux de la première. Et quand une cloison est habillée sur ses deux faces, on évite de faire tomber un joint sur le même montant des deux côtés, ce qui affaiblirait ce montant et créerait une ligne de faiblesse.

Les joints, le point qui se rate

Si un parement en plaques gypse-fibre pose problème après quelques mois, c'est presque toujours par ses joints. Une fissure fine apparaît le long d'une jonction de plaques, et elle revient même après avoir été rebouchée.

Le joint collé repose sur une colle spécifique appliquée sur les chants des plaques, qui sont ensuite pressés l'un contre l'autre. Une fois sèche, la colle solidarise les deux plaques, qui travaillent comme une seule. Le joint mal collé, avec trop peu de colle, une colle mal répartie ou des plaques qui n'ont pas été pressées, laisse une ligne de faiblesse.

Le joint à bande se traite avec un enduit et une bande d'armature, comme une plaque de plâtre, selon le système du fabricant.

Dans les deux cas, la plupart des fissures viennent du même endroit : la précipitation. Plaques posées sans avoir été acclimatées, joints réalisés dans une maison froide et humide qui sera ensuite chauffée, enduits recouverts avant d'être secs, ossature encore humide qui va sécher derrière. D'où la formule qui résume ce chapitre : un joint qui fissure est un joint posé trop vite.

Ce qu'on peut y accrocher, et en pièce humide

La densité de la plaque gypse-fibre a un avantage très concret dans la vie quotidienne : on peut y fixer des charges modérées, comme un cadre, une étagère légère ou un petit meuble, avec des chevilles adaptées, sans être obligé de chercher le montant. La plaque tient mieux les vis qu'une plaque de plâtre classique.

Cette capacité a ses limites. Pour une charge lourde, un meuble haut de cuisine, un lavabo suspendu, un radiateur, une télévision murale, on revient au montant, ou mieux, à une traverse de renfort posée dans l'ossature avant la fermeture du mur. Prévoir ces renforts au moment de la construction coûte quelques chutes de bois ; les ajouter après coup demande d'ouvrir le mur.

En pièce humide, salle de bains ou cuisine, la plaque gypse-fibre se comporte bien puisqu'elle n'a pas de carton qui gonfle. Elle reste néanmoins sensible à l'eau en ruissellement : dans les zones directement exposées, comme une douche, on applique un système d'étanchéité sous carrelage conforme aux prescriptions du fabricant. La plaque supporte l'humidité ambiante, elle ne remplace pas une étanchéité.

Les erreurs qu'on voit

Sur les chantiers d'ossature bois, quelques erreurs reviennent avec les plaques gypse-fibre.

La plus grave est la plaque posée comme contreventement sans que l'étude le prévoie. On compte sur elle pour raidir le mur, mais le mode de fixation, l'épaisseur ou la densité de vis ne correspondent pas à cet usage. Le mur n'est pas contreventé comme on le croit.

Vient ensuite le frein-vapeur percé par les gaines, faute de vide technique. La paroi laisse passer la vapeur dans l'isolant, avec un risque de condensation dans le mur.

On voit aussi des joints alignés sur un même montant des deux côtés d'une cloison, qui créent une ligne de faiblesse, et des plaques posées froides dans une maison non chauffée, dont les joints fissurent dès le premier hiver de chauffage.

Enfin, des vis trop près du bord font éclater la plaque, qui perd alors sa tenue à cet endroit. Ces défauts relèvent tous des règles de base de la construction à ossature bois : une ossature sèche et droite, une membrane continue, une pose qui respecte la notice. C'est cette rigueur que défend Charpentiers France sur chaque chantier d'ossature.

Questions fréquentes

Besoin d'un charpentier ?

Decouvrez nos guides pour trouver le bon professionnel pres de chez vous.

Voir nos guides